dimanche 14 janvier 2018

Roche Fendue et col de la Pierre

Plus d'un mois que je n'ai pas fait de sortie... suite à une nouvelle entorse à la cheville intervenue le 4 décembre en jouant au volley. A noter quand même une journée de ski dans la petite station de Luz Ardiden avec mes collègues de njuko, l'occasion pour moi de tester la neige pyrénéenne pour la première fois de ma vie !

C'est donc avec une belle motivation que je pars ce matin du Rivier d'Allemont, d'autant plus que la météo est au beau fixe et que je suis accompagné de Jules et Romain (les organisateurs de la célèbre SaintéLyon) à qui je vais faire découvrir les joies de la randonnée à skis ! Romain, mon fidèle compagnon de montagne (et cousin), complète l'équipe.


Le départ en forêt est un peu technique car la neige est dure, voire même glacée par endroit. Cela ne facilite pas l'initiation : Jules s'offre une belle glissade en voulant tracer un peu trop raide un talus et Romain fait de même quelques mètres plus haut en chutant lors de sa première conversion.


Cela ne suffit pas à les décourager, nous montons à un bon rythme et, après une grosse demi-heure, nous sortons de la forêt. Le décor change totalement, nous sortons d'une forêt sombre et verglacée pour arriver sur des alpages ensoleillés dominés par les sommets et un ciel bleu immaculé.


J'avais promis de beaux paysages à Jules et Romain, les voilà servis ! Par contre, pour le côté "sauvage" c'est un peu raté, nous sommes sur une grande classique et il y a du monde.


Doucement mais sûrement, nous prenons de la hauteur en direction de la brèche de la Roche Fendue, grignotant petit à petit les mètres de dénivelé. Je suis heureux de partager ces moments avec mes deux acolytes qui en prennent plein les yeux. Evoluer dans un tel cadre, c'est quand même un vrai privilège !





Une petite heure après être sortis de la forêt, nous voilà en vue de notre premier objectif : la brèche de la Roche Fendue (2480m). Il nous reste environ 300 mètres de dénivelé pour y arriver, une bagatelle...


Jules et Romain ne savent pas encore (moi non plus d'ailleurs) qu'un court et raide passage va leur donner du fil à retordre. Pour l'heure, même si les jambes doivent commencer à tirer un peu, ils profitent du cadre.



Le passage en question est là-haut, juste avant d'arriver à la brèche. Il y a du monde au portillon... En temps normal, pas de soucis pour passer ici, mais aujourd'hui la trace a tendance à s'affaisser et la neige dessous est glacée. Après une tentative de Jules conclue par une courte glissade, il faudra l'utilisation des couteaux pour passer. Les deux compères découvrent un autre aspect de la randonnée !


Nous voilà à la brèche de la Roche Fendue, il est midi tout juste passé.



D'ici, nous avons une belle vue sur le barrage de Grand-Maison et le chaînon Toit / Pyramide / Rocher Blanc / Rocher Badon. Des sommets où Jules et Romain poseront peut-être leurs spatules à l'avenir si le virus de la rando les saisit...



Nous pourrions nous arrêter là, ce que feront d'ailleurs la majorité des randonneurs qui nous entourent, mais Jules et Romain sont d'accord pour poursuivre un peu l'aventure et nous plongeons donc côté Grésivaudan pour une courte descente.


Il y a un peu de monde en bas, mais nous ne ferons que les croiser. La suite du programme va consister à remonter en face en direction du col de la Mine de Fer et à tourner à gauche pour remonter la grande pente qui s'insinue derrière le sommet Colomb et mène au col de la Pierre.


Courte pause pour se ravitailler au soleil avant de plonger dans l'ombre. Bonne nouvelle, on distingue trois petits points noirs au loin (en haut à gauche sur la photo) : nous n'aurons pas à faire la trace, d'autres s'en chargent avant nous !


Vingt minutes plus tard, nous sommes à nouveau en mode montée et à la base de la grande pente donnant accès au col de la Pierre. Un dernier effort et nous pourrons basculer de l'autre côté pour une descente bien méritée.


Nous laissons derrière nous la brèche de la Roche Fendue et la pointe centrale Sud du Ferrouillet (à sa gauche).


Egalement, le col de la Mine de Fer (à gauche, au soleil) et le Grand Replomb - d'autres classiques du ski de randonnée - à droite desquels on peut observer une falaise caractéristique de la Chartreuse (vous aurez reconnu la Dent de Crolles bien-sûr).


Nous voilà partis à l'assaut de la pente.


Fenêtre sur l'agglomération grenobloise, si proche, si loin.


Malheureusement les conditions sont compliquées, la neige froide de surface glisse sur le fond glacé et il faut à nouveau mettre les couteaux pour pouvoir progresser. Une dépense d'énergie supplémentaire qui met Romain un peu "dans le dur" mais qui ne l'empêchera pas d'arriver quand même en haut !


Dernière conversion pour Romain à quelques mètres du col de la Pierre (2570m). Ouf ! C'en est fini de la montée !


Nous pouvons enlever définitivement les peaux et nous préparer pour la descente.



Voilà la belle descente qui nous attend.


C'est parti pour une longue descente sur une neige pas des plus facile avec des zones souples qui alternent avec d'autres plus dures. Heureusement que Jules et Romain sont de bons skieurs, leur niveau technique compense la fatigue !




Ils découvrent qu'en randonnée, contrairement au ski en station (même en hors-pistes), on fait de nombreuses pauses même à la descente. Ici, on ne descend pas à mach 12 !



Contemplation...


Une belle et longue descente avec des conditions de neige pour le moins variées : poudre, dure, traffolée, transformée... Tout le panel ou presque !





La partie basse est un peu technique, il faut skier le dépôt de vieilles avalanches et les jambes commencent à tirer, mais le border cross qui suit est en bonne condition et nous rejoignons sans encombre le chemin forestier qui va nous ramener vers la voiture.


Et voilà, c'est fini, nous sommes de retour au Rivier d'Allemont un peu plus de 6 heures après en être partis. C'est un soulagement pour Romain qui souffre d'ampoules depuis un moment déjà.


Le meilleur moment de la journée ?


Félicitations à Jules et Romain qui ont vaillamment réussi cette première randonnée à ski avec quand même 1550 mètres de dénivelé positif et des conditions vraiment pas faciles. On refait quand vous voulez !